dimanche 31 mai 2009

Nous deux

Nous vieillirons ensemble auprès des fleurs, des citrons et de la bénédiction des oliviers. Comme j'échangerais pas ma mère contre une patrie, je te perdrais pas pour une gâterie. Enfidélés, on s'écrira notre histoire jusqu'au bout. La roseur, la tiédeur des soirées de novembre, la vie qui dit oui. L'oreiller de la mer pour caler nos esprits. Doigts de pied sereins. Les serineurs, les ripailleurs, les tapeurs iront jeter leur œil plus loin. On a que ce qu'on mérite et cet amour on le méritait.
Délové des chiennes ravagées, hystéros qui tournent de l'œil dans le couloir, tu les laisses loin, comme un air de bien sur ton visage.
T'étais pas une fille à dossier, j'avais un passé chargé: Dieu donne ses cadeaux et son calendrier nous dépasse. Et c'est comme un dessert, comme une fontaine, comme une source : on sait que ça arrive, que ça existe, que ça va forcément venir. Parce qu'on est bons, parce qu'on a pas passé son temps à truander les autres, à manigancer, à se fabriquer des apparences et que notre naïveté est une arme absolue.
Heureux des pieds à la tête. Dans le temps et dans le lieu qu'ils fallaient. La certitude de l'être au fond des yeux. Un rire, un souvenir et nos mains mêlées.

4 commentaires:

  1. c'est très très beau, ça fait rêver :) c'est tout ce que je peux dire

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  2. douces paroles que je lis en boucle, merci de croire encore à ce qu'on s'efforce parfois d'ignorer, d'avoir connu et ne pouvoir peut être jamais rencontrer à nouveau. merci pour cette bouffé d'air pur. c'est toujours un plaisir de te lire. :)

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  3. Hum ... joli texte et néanmoins on parle là de "wishfull thinking !", comme diraient les anglais ! :-)
    L'amour est plutôt une belle chose, et c'est sans doute la moindre des choses (au moins quand il survient) de l'envisager comme ce fleuve intarissable de béate félicité, jusqu'au seuil du trépas. La main de dieu en "bonus", dans l'histoire, et le tableau dionysiaque affiche complet ! N'est-ce pas ?
    A se demander alors d'où vient l'échec absolu, dans le temps présent, de la relation homme femme, qui vogue de discordes en batailles, de drames en divorces, d'échecs en catastrophes, bref de Charybde en Sylla !
    Pour ma part j'aurais précisément tendance à penser que la récurrence de ces échecs vient (entre autres) du fossé béant, qu'il y a entre ces mythologies amoureuses forgées par des siècles de littérature et/ou de dogmes religieux, et la simple vérité humaine des choses. La tendresse et les sentiments ne font pas l'amour à eux seuls. L'amour est indissolublement lié à la sexualité, et qu'on le veuille ou non, la bonne santé de la "vie sensuelle" a barre sur son existence. Alors qu'en pleine force de l'âge, ce désir de l'autre vienne à tomber, chez l'un des deux protagonistes, et tout l'édifice tombe par terre, quelque soit par ailleurs l'attachement, l'affection etc ... On peut rester amis, mais on ne restera pas un couple. Ou alors un couple malheureux, ce qui est pire. Les voeux de "fidélité éternelle" sont bien gentils, mais cela dépend de termes qui ne sont pas entre nos mains. On ne décide pas d'être attiré par quelqu'un, on le ressent ou pas (ou plus) et c'est tout.

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