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vendredi 25 septembre 2009

Farafina, conte d'une Afrique retrouvée


Une grande terre où autrefois, il y avait tout. Une grande plaine désertée par les hommes qui ont suivi la forêt désespérée.
Une grande dame toute seule.
Elle m'a appelé de la main.
Je me suis approché.
Elle m'a raconté.
Trahie,battue,violée,exilée, appauvrie, elle a porté le lourd fardeau de l'histoire de son époque.
Elle a subi les mensonges historiques qui ont brûlé ses cases, incendié sa maison, tué ses enfants et dispersé les autres.
On lui a pris son or, on a coupé ses verdures.
On a crevé ses tambours, on a brûlé ses écoles.
On a dénigré ses médecines et conspué ses versets.
Elle n'a plus de larmes.
Je la regardai. Je regardai sa beauté naturelle enfouie derrière le voile de poussière qui lui maquillait le visage.
Elle me dit soudain:"J'ai pansé mes blessures! Je suis désormais debout! Je t'attendais ! Regarde!"
Et elle se leva du trou profond d'où brillaient d'innombrables pierres précieuses rescapées du grand vol.
"Chut!, me fit-elle. Je suis Farafina, la reine Africa! Va me chercher les autres! Je reconstruis la maison. Cette fois-ci, personne ne trahira pour nous affaiblir! Nous ouvrons de nouveaux champs et, debout, ensemble, nous vaincrons, ou nous mourrons ensemble! Il est temps de retrouver le grand Saraba*!"
Et je partis à tue-tête crier la grande nouvelle :
"Elle est là! Elle nous emmène à Saraba!"

Babacar Mbaye Ndaak, conteur et auteur sénégalais.


*Saraba est l'eldorado chanté durant les années de souffrance par les Africains du Sénégal comme un retour espéré à un âge d'or mythique.

Source texte Jeune Afrique

dimanche 5 avril 2009

Vol en rase- motte au-dessus du site internet d'Air Algérie

Depuis février, Air Algérie communique sur son nouveau vol sans escales Alger-Pékin.
C'est bien. Et c'est même un motif de fierté pour l'Afrique et le Maghreb.
Pour en savoir plus, je visite le site internet de la compagnie algérienne.
Sur le site aucune information particulière relative à cet événement. Ni bannière de pub, ni contenu d'accroche, pas le moindre signe des mots Pékin ou Chine.
Je clique sur le moteur de recherche des vols. Départ: Alger. Arrivée : ????? J'ai l'embarras du choix alphabétique.Je peux aller d'Abidjan à Tunis. Mais pas à Pékin. Parce que la capitale chinoise n'apparait pas dans la liste des destinations.

Cette incohérence est révélatrice. Air Algérie, tout comme Tunis air ne semblent pas faire cas de l'importance d'un site internet dans la communication d'entreprise.
Au lieu du site d'une compagnie aérienne, on a l'impression d'être sur le site d'une compagnie de chemin de fer dont les rotations de machines se font toutes les 15 minutes.
Ces sites minimalistes ne sont absolument pas attractifs pour un internaute. Ils donnent le sentiment d'un service qui manque de surface et jettent un doute sur la crédibilité de l'entreprise.
Au Maghreb, on a le sentiment que seul le Maroc est capable de promouvoir correctement son tourisme.Curieusement, le site de Royal air Maroc est beaucoup plus séduisant que celui des deux autres compagnies aériennes maghrébines.


jeudi 2 avril 2009

Le safari du super connard

Je suis un connard. Et comme le disent Omar et Fred, un super connard. Parce que je pense être un homme ou que ma femme n'en n'est pas très sûre, je me suis offert un safari.
Pas un safari photo. Non un safari avec une vraie mise à mort. Un safari africain dans la plus pure tradition. Ah l'Afrique! Ses coutumes immémoriales et ses animaux sauvages. Ses femmes lascives et faciles. Sa chaleur, ses tam-tam. Ce sentiment d'une toute puissance.
Mais revenons à mon safari à moi. On m'a concocté un programme appétissant. Arrivée dans la brousse ou la savane ( je sais jamais) , chambre individuelle avec moustiquaire. Une première nuit pour se reposer du voyage, s'habituer au décalage horaire. Une première nuit à entendre les lointains échos du rugissement de la bête, de ma bête, de l'animal pour lequel je suis là.
Le lion, mon lion, mon futur trophée.

Au petit matin, avec mon guide nous montons dans la jeep.
Direction un parc spécialement aménagé pour des chasseurs comme moi. Les lions y sont élevés et nourris dans l'attente d'être abattus par des mecs aux couilles d'acier. Pas comme ces imbéciles de la corrida qui affrontent la bête en tête à tête.
07h, nous sautons de la jeep et nous commençons à marcher à pas feutrés. 07H05, nous arrivons à proximité d'un groupe de lions. Le guide m'en montre un qui s'est éloigné et qui somnole sous un arbre. Cette bête sauvage à l'air inoffensive. Mais je dois me méfier. Le fauve fait un mouvement. Je recule. Le guide sourit. Non, la bête s'est juste frotté la face avec sa gigantesque patte. 07H10, je sue à grandes eaux, j'ai la gorge nouée. Le guide me dit d'armer. J'ai une superbe carabine Mauser 98K. Une arme de pro. J'arme. Je sens monter l'adrénaline. Mes jambes flagellent. Dans mon viseur, la crinière, la face puis la gueule du lion. Le petit sentiment de panique qui vibrionne à mes oreilles ne m'empêche pas de me rappeler les conseils du guide. Tirer au niveau de la gorge ou du coeur. Ne pas se contenter d'une balle. Je suis prêt. Je tire 1 fois, 2 fois, je recharge aussi vite que possible, je tire de nouveau. Aaargh ! Mes vêtements sont trempés. Je m'apprête à lui en remettre une couche, une rafale meurtrière. Le guide m'arrête. Je reprends mes esprits. Je déguste le spectacle. Le lion est affalé près de l'arbre. J'ai aimé sa surprise quand j'ai tiré la première fois. Bon sang! Comme ce moment est intense. Je l'ai vu chercher désespérément d'où venait le tir. Bête comme une bête. Pas de cadeau, pas de quartier! Le lion n'a pas pu se défendre. Seuls en face à face sur son terrain, il m'aurait vaincu et j'aurais certainement refusé le combat. Ah l'injustice de la puissance, c'est bon!
Ce safari m'a coûté les yeux de la tête. Mais les émotions que je viens de ressentir en valaient le prix.



lundi 30 mars 2009

Cité de l'immigration: la France n'est pas à la hauteur

La cité nationale de l'immigration est un musée national ouvert à Paris en octobre 2007.
Ce lundi 30 mars, la médiathèque de la cité ouvre officiellement ses portes. A cette occasion, 4 ministres devaient être présents.
Au final, 1 seul de ces ministres ( Eric Besson) a confirmé sa présence.
Cet incident n'est pas le premier. La cité de l'immigration n'a pas été inaugurée par un représentant officiel du gouvernement français. C'est étrange.
D'autant que l'objectif de cette institution nationale est de témoigner des apports de l'immigration dans la construction de la France. La France est-elle schizophrène avec son immigration? En a t-elle honte? Ou le sujet est-il tabou en temps de crise? Comment un Etat peut-il vouloir créer un lieu public de mémoire sur une part essentielle de son histoire sans y afficher la présence de la puissance publique et régalienne?
Le musée d'Elllis Island a New York existe depuis 1982. Ce musée est consacré à l'immigration aux Etats-Unis. Il a non seulement été voulu et inauguré par l'Etat fédéral mais a en plus bénéficié d'une aide de 150 millions de dollars apportée par la marque automobile Chrysler.
A l'inverse, on a le sentiment que la cité de l'immigration en version hexagonale est un objet inodore, sans saveur et pas assez bling bling pour la France.

dimanche 29 mars 2009

Ghana : le bonheur d'être un paradis fiscal constitutionnel

En mai 2008, le Ghana rejoignait le club très "hype" des paradis fiscaux.
Aujourd'hui, il y a environ 80 paradis fiscaux dans le monde. Mais combien de ces États peuvent-ils garantir que leurs largesses fiscales ne seront pas remises en question à la moindre demande d'enquête internationale? Très peu visiblement.
Saluons donc l'exploit du Ghana qui vient d'inscrire le secret fiscal dans sa constitution.
La crise mondiale oblige les États à s'immiscer de plus en plus dans les affaires des banques et dans les circuits de distribution de l'argent. On comprend dès lors que l'exemple du Ghana sera certainement copié très rapidement par d'autres destinations exotiques du capitalisme errant.

samedi 21 mars 2009

Etranges étrangers

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

Doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d’une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd’hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez.

Jacques PRÉVERT Grand bal du printemps Éditions Gallimard, 1955

vendredi 13 février 2009

Avec notre Mégane de location sur les routes de Tunisie


Venice beach, Copacabana....C'est possible dans les films ou quand on a le portefeuille bien garni.
Mon midi, mes tropiques, c'était la Tunisie.
Pour l'enfant de banlieue française que j'ai été, le dépaysement a toujours pris le visage de Tabarka ou de Sousse.
L'entregent des déshérités,une agence location voiture Tunisie pas trop craignosse et c'est parti pour l'aventure.
Pour se la jouer un peu, on choisirait la dernière Mégane. C'est pas une Mercedes, ni une BMW mais ça le fait et c'est confortable.
Grâce à notre location voiture Tunisie, du nord au sud, l'été s'annonce séduisant.
Bizerte, Tabarka, Sousse et Djerba en guise de cerise d'arrivée.
Chemises à la Magnum, on a pas sa Ferrari mais notre berline a de l'allure. Tongs ou espadrilles aux pieds, j'ai le volant léger.
Les lunettes de mes 5 potes reflètent la Méditerranée. Les piscines des hôtels se refont une beauté pour nous.
Dans notre voiture de loc', le Maghreb snobe la Côte d'azur.
Rent a car, nous sommes des stars.


Avec notre Mégane de location sur les routes de Tunisie

Venice beach, Copacabana....C'est possible dans les films ou quand on a le portefeuille bien garni.
Mon midi, mes tropiques, c'était la Tunisie.
Pour l'enfant de banlieue française que j'ai été, le dépaysement a toujours pris le visage de Tabarka ou de Sousse.
L'entregent des déshérités,une agence de location de voiture en Tunisie pas trop craignosse et c'est parti pour l'aventure.
Pour se la jouer un peu, on choisirait la dernière Mégane. C'est pas une Mercedes, ni une BMW mais ça le fait et c'est confortable.
Dans notre voiture de location en Tunisie, du nord au sud, l'été s'annonce séduisant.
Bizerte, Tabarka, Sousse et Djerba en guise de cerise d'arrivée.
Chemises à la Magnum, on a pas sa Ferrari mais notre berline a de l'allure. Tongs ou espadrilles aux pieds, j'ai le volant léger.
Les lunettes de mes 5 potes reflètent la Méditérranée. Les piscines des hôtels se refont une beauté pour nous.
Dans notre voiture de loc', le Maghreb snobe la Côte d'azur.
Rent a car, nous sommes des stars.


dimanche 8 février 2009

Classement des entreprises africaines

Pour la dixième année consécutive, Jeune Afrique publie un classement des 500 premières entreprises africaines*.
Les hydrocarbures restent une valeur sûre puisque c'est la Sonatrach qui cette année encore est à la première place.
L'entreprise continue d'être un fleuron de l'économie algérienne et du continent.
Néanmoins le fait marquant est la puissance et la diversité de l'économie sud-africaine. Qu'il s'agisse de télécommunications, d'énergie, de matières premières ou de multi activités, les entreprises sud africaines trustent 17 places parmi les 2o premières du classement.
A l'échelle du continent, cette omniprésence est d'autant plus exceptionnelle que la majeure partie des compagnies sud africaines citées sont des groupes privés.
On notera que la première société tunisienne du classement est la S.T.I.R ou société tunisienne des industries de raffinage. L'entreprise publique est classé au 55ème rang.

*Hors-série n°20


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mardi 3 février 2009

Vikings méditerranéens


Et si en partant des rives de la méditerranée, nous allions conquérir la Suède?
Comme des vikings mais à l'envers même s'ils n'ont jamais abordé nos rivages.
Avant Colomb, les colombes et les colons, les vikings auraient débarqué sur les côtes américaines.
Un vrai talent de navigateur.
Nous aussi nous avons un talent pour piloter les navires, les bateaux et les drakkars.
Sans pitié pour nos futures hôtesses. Pas un sou en poche mais de l'énergie et de la filouterie à revendre.
Stockholmaises, stockolmais, affairez-vous dans la rade de Stockholm.
Nous venons en voyage d'étude, les membres aiguisés, affutés et pointus.
Débarquement de pointures. Nous parlons juste assez anglais pour réclamer nos chalets et nos saunas à sirènes.
Le modèle social suédois et les modèles suédoises.
Des Attila berbères élevés à la chakchouka.
Le prix Nobel de l'acrobatie, on va l'avoir les doigts dans le nez.
Sweden, I love you.